Le recueillement

Un homme est là, assis, on ne le remarquerait presque pas. Le costard qu’il porte laisse imaginer un homme pressé, tendu, impatient. Pourtant, il est tout sauf cela. Il a l’air simple, doux, gentil.

Les yeux fermés, il prie. Sans doute dépose-t-il dans le cœur de Dieu le cœur des autres hommes. Sans doute dépose-t-il dans le cœur de Dieu ses douleurs et celles si grandes du monde où nous vivons.

Dans cet instant, ce silence, cette profondeur, il y a quelque-chose de touchant, quelque-chose qui m’élève. Je voudrais comme lui trouver cette paix. Je voudrais comme lui savoir me poser dans le silence, poser ma tête dans mes mains, et élever mon âme vers Dieu.
Le voir ainsi me ramène à cette flamme en moi qui ne cesse de vibrer, ce petit souffle chaud qui me fait espérer plus que ma vie, qui me fait vouloir aller plus haut, qui me fait rêver l’inaccessible. Et d’avoir entre-aperçu cet homme, si simple, me fait soudain croire en l’impossible. Cette paix qui illumine son visage, et dont sans aucun doute il n’a pas conscience, m’attire autant qu’elle me pousse à m’asseoir moi aussi.

Alors, soudainement, je m’assois sur un banc, à l’opposé. J’écoute ce silence bienheureux, je regarde les murs hauts et majestueux, les voutes. Je sens en moi cette tendre paix qui m’arrive comme de l’intérieur, et je sens à quel point j’en avais besoin, à quel point il est bon d’être là, dans ce silence. Sans prier encore, sans même m’adresser à Dieu, je sais qu’il y a là quelque-chose qui se passe, quelque-chose de grand qui me porte et me console.

Les nœuds du passé se trouvent alors comme doucement mis en lumière. Et ce moment si doux et si généreux fait couler sur mes joues des larmes de douceur et d’abandon. J’ignorais avoir tant besoin de ce silence, de cette paix, et voilà qu’elle me soigne et me guérit en profondeur.

Je me retourne alors vers cet homme, toujours là, en prière. Assis sur cet autre banc, de l’autre côté, il prie encore. Et alors que j’étais rentrée là par hasard, sans penser à rien, sans rien espérer, je me retrouve en train de remercier le ciel pour cet homme si doux, si simple, lui qui ignore tout le bien qu’il aura fait à mon âme, par sa simple présence, par sa simple prière. Qu’il reçoive les bénédictions de Dieu, cet homme inconnu qui change le monde de l’intérieur, lui qui par sa prière vient approfondir toute la beauté que l’homme recèle, lui qui montre par sa vie qu’il y a quelque-chose à chercher, quelque-chose à trouver, une paix, une joie intérieure, une tendresse à accueillir.

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