Les guerriers que nous sommes

Où partons-nous, où glissons-nous sans cesse, doucement, vers ces gouffres et ces obscurités?

Comment faire pour trouver encore en moi le sens des choses, de ma vie, de mes gestes quotidiens, absurdes, sans objectifs et sans but si ce n’est de rester faible jusqu’aux jours de ma vieillesse.

La maladie n’est pas ma vie. Un jour je sortirai de tout ça, je déploierai mes plumes, mon envol sera feutré et doux comme la marche lente des monstres vers les aurores qu’ils ignorent.

La lumière m’attire autant qu’elle me rebute. Les ténèbres m’engloutissent et j’ignore pourquoi elles m’agrippent malgré tout. Je joue un cache-cache éternel, et dans ces frayeurs qui me malmènent, je saisis bien que c’est la peur qui m’emmène, que c’est elle qui guide mes actes, mes choix, mes désirs.

Bientôt sans doute comprendrai-je mieux ce que je fuis, ce que je refuse, ce que je ne veux pas admettre.

Cet acharnement, l’acharnement qui nous pousse à vouloir vivre, aimer, produire, posséder. Cette folie des sens, jusqu’où nous mène-t-elle ? Et qu’est-ce que ce besoin insatiable de vérité qui me tord les veines comme autant de fouets, comme autant de bourreaux ? Je ne veux plus fuir.

Je n’en peux plus de désirs et d’obscurité, je ne veux plus lutter… Je ne veux plus geindre… Je ne veux plus vivre ma vie de malade, d’ailleurs. Mais quoi, il faut bien ! Alors, prenons la vie pour ce qu’elle est…

Je veux bien vivre mais pas sans voir en face la vérité de ce monde, la vérité qui nous transporte, qui nous déchire.
Je suis comme ces ogres de conte, fatigués de tout mais affamés encore. J’ai faim ! J’ai faim de vie… Je veux tout.

Je veux tout, et je n’ai rien. Je vis cette existence fade, terne, sans intérêt, sans beauté même.

Comment trouver encore le sens et la beauté des choses? Je me sens sombrer… Dieu, où que tu sois, ne me laisse pas m’égarer, sauve-moi d’une façon ou d’une autre, tire-moi hors de ce gouffre… Je ne sais lancer autre part ma bouteille à la mer, je ne sais pas crier ailleurs ma détresse.

Tu es seul, sans doute, à pouvoir me comprendre suffisamment pour m’aider.
Je ne sais plus ce que je dis, ce que je veux, ce que je fuis. Je ne sais rien, ni l’aurore ni les nuits ne m’apaisent. Je ne crois même plus mes propres promesses, je ne crois même plus mes propres paroles. Et il faut bien y croire pour survivre… Je n’y crois plus. Mes rêves s’effacent et ne subsiste que le réel, fade et terne, folle de mes songes j’ai cru en des utopies trop belles pour moi.

Les voilà qui gisent, seules, sur le sol.

Nez à nez avec les murs béants de la réalité je tremble, effrayée de ces tunnels et de ces obligations qui font le monde. Le noir, tu sais, le noir m’abreuve, me fait cracher mon âme. J’ai peur.

Aide-moi, aide-moi je t’en supplie. Je vais mal.

Je sens en moi à la fois l’ombre et la lumière.
Dans tous ces espoirs qui me taraudent, je saisis quelque-chose de cet ailleurs qui m’interpelle.
Un ailleurs qui est lumière.
Je crois que nous voguons entre deux mondes, entre la nuit et l’aurore. Il faut choisir sans cesse, sans relâche.
Je veux la vie, je veux aimer.
C’est pour cela que tu m’as faite, il me semble…
C’est pour cela que je vis.
Malgré mes larmes.
Avec mes larmes.
Car il faut faire avec, même si je n’ai pas choisi, même si c’est dur.

Je ne peux me résoudre à t’accepter, à te faire une place.
Tu seras malgré tout dans ma vie, dans ces éclatements en moi-même encore douloureux et que tu aurais sans doute pu guérir. Seule, je ne sais pas comment recoudre les choses, réparer ce qui fut brisé.

Dans mes prières, tu as tiré en moi sur un fil refermant quelque-chose.
Comme un espoir laissé en suspens et dont tu auras permis enfin l’envol.

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