La partie de cartes

La paix peut jaillir de rien.
Elle peut apparaître, simple, pure, inoubliable.
La sérénité elle-même peut advenir sans qu’on ne l’attende.
Sans qu’on ne l’ait prévue ni invitée, pas même un appel pour l’appeler à nous suivre.
Elle est là soudain, on la reconnait, on s’assoie.
Silence.
Ces moments doux comme la brise.
Ces moments qui nous apaisent à jamais : ces souvenirs gardent en eux, tout comme les coquillages, le son apaisant et sûr de la quiétude un jour goûtée.

Je n’ai pas de réponse à la souffrance. Je n’ai même pas de questions : je sais qu’elles resteront solitaires, ignorées, oubliées.
Personne ne se risque à expliquer le mal.
Personne ne sait.

Quoi qu’il en soit, j’espère que mon combat pourra être utile à d’autres et que ma quête de sens pourra profiter à d’autres chercheurs de vérité.
Je serai alors heureuse d’avoir combattu non seulement pour moi mais aussi pour cet autre, celui-là qui aura trouvé ici un apaisement ou une réponse, quelle qu’elle soit.

La confiance, simple, me permet pour ma part de continuer à avancer sur cette route empierrée.
Pleine de ravines.
Je ne suis qu’au début du parcours, encore au début du sentier.
Ma vie…
Je viens à peine d’en recevoir les cartes. Comme un jeu, dans ma main, bon ou mauvais mais avec lequel il faudra remporter la manche.
L’adversaire est de taille.
La partie a commencée.
J’ai reçu la dernière carte, la plus difficile à savoir jouer, lorsque j’ai appris ma maladie.
Mauvaise pioche, sans doute.
Et pourtant.
Pourtant la maladie n’est pas une fatalité.
Pourtant les bons joueurs savent gagner quelle que soit la donne. Et quel mérite y a-t-il à emporter la victoire si toutes les bonnes cartes nous sont données d’entrée de jeu ?
La maladie rend plus difficile la partie. Elle est tellement lourde comme carte qu’on en oublierait presque les autres.
Toutes les cartes devront être jouées, les belles et les moins belles, et certains coups permettent de placer les mauvaises.
La carte de la maladie éclaire toutes les autres de la lumière du courage.
On ne fera peut-être pas grand-chose, peut-être même que personne n’aura compris réellement l’effort fourni chaque jour, mais tous ces actes petits ou grands seront placés dans une lumière qui les illuminera d’une nouvelle couleur.
La lumière du combat que l’on aura mené jusqu’au bout.

L’amour sauve de tout. Il faut aimer sa vie, l’aimer autant que l’on aimerait une personne qui nous est chère, pour qui on voudrait changer le monde.
Quand on aime sa vie de cette manière, on voit la beauté.
La beauté de cette vie que l’on entreprend malgré tout.
Comme une lutte.
Comme une partie de cartes.
Un affrontement sans réserve où il faudra tout donner. Et peut-être sommes-nous plus chanceux que ceux qui gagneront sans avoir transpiré, sans s’être vraiment battus.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s